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  • YANNICK BESTAVEN 2020 IMOCA MAITRE COQ

    #VG 2020 – Jour 2 : Choix cornélien.

    Si le départ nous semble encore bien proche à nous, les terriens, et que nous en ressentons encore les émotions, Yannick comme ses camarades ont dû rapidement se parer de leur costume de marins.

    Le rythme est dense depuis dimanche 14h20 avec des variations de vents qui nécessitent des changements de voile réguliers et du matossage ( ndlr : transporter les sacs de nourriture, de matériel de rechange, les sacs à voile  d’un côté et de l’autre du bateau soit plus  de 350 kg à chaque manœuvre). Et surtout, les heures à venir vont voir arriver sur la flotte un front costaud, redouté par tous, qui sera à négocier dans une mer creuse et forte, avec un vent de sud d’une trentaine de noeuds et des rafales à 40 nœuds…

    Si la flotte était regroupée de bon matin, au large du Cap Finisterre, les choix de route ont commencé à se dessiner afin de contourner au mieux ce front ou par l’ouest, ou en longeant les côtes de La Corogne.

    Choix cornélien et nombreux questionnements à bord de Maître COQ IV à bord duquel Yannick préfère son siège face à son écran d’ordinateur, à sa bannette : « Je suis rivé sur mon écran afin de prendre la meilleure décision ! Après avoir fait tourner mes routages en mettant des buttées de vent à 35 nœuds, ils me font passer entre le DST ( Zone de séparation du trafic) et La Corogne. Je vais donc me positionner sur cette route afin d’éviter les grosses rafales. Malgré ça, la mer va être formée…J’avoue ne pas être très zen ! »

    Niveau vie à bord, Yannick a pris le temps dans le calme ambiant – avant la tempête à venir – d’ouvrir son premier sac journalier. Et même de déguster un kouign Amann, surprise que Ludo Bosser un de ses équipiers lui avait laissé. Inattendu et bien venu :
    « C’était top de tomber sur ce petit sac rouge et son contenu improbable ! J’avais justement envie de beurre ! Merci Ludo ! »

    Maître COQ IV naviguait ce matin grand-voile haute et sous J2 dans 13/14 nœuds de vent de sud. « Je glisse gentiment dans le 165/170°, je vais virer dans la matinée, si le vent se stabilise comme ça. En attendant, je vais m’allonger un peu, histoire d’évacuer un peu… »

    L’heure est vraiment à la concentration et au questionnement. Il faut rester bien lucide car derrière ledit front, il y a d’autres passages délicats à négocier qui vont s’enchainer rapidement.