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  • YANNICK BESTAVEN 2020 IMOCA MAITRE COQ

    #VG20 – Jour 74 – Une sacrée semaine en perspectives!

    A un peu plus de 2000 milles de l’arrivée aux Sables d’Olonne, le suspense est toujours aussi intense sur le résultat final, avec les sept premiers bateaux en un peu moins de 200 milles. Dont Maître CoQ qui, avec Yannick Bestaven aux commandes, a repris du poil de la bête dans les alizés. Joint ce jeudi matin, le Rochelais, l’un des plus rapides de la tête de flotte sur 24 heures, explique le scénario qui l’attend dans les derniers jours de course.

     

    Comment vas-tu dans les derniers alizés de ce Vendée Globe ?
    Ça va, c’est en train de mollir gentiment, je ne m’en sors pas trop mal avec ma garde-robe défectueuse ; je suis arrivé à tenir le rythme, on va voir ce que ça va donner dans du vent un peu plus faible, il y a une dernière transition à passer dans les heures qui viennent.

     

    Peux-tu justement nous raconter le menu des derniers jours de course ?
    Le vent va mollir pour commencer, on va longer au portant sous spi la face Ouest de l’anticyclone des Açores, pour passer dans son Nord et se placer derrière un front d’une des premières dépressions hivernales que l’on va retrouver, on va alors changer d’ambiance. L’objectif va être de partir avec et après, on a plusieurs fronts à passer qui vont nous emmener jusqu’aux Sables d’Olonne dans du vent assez soutenu, de médium à assez fort, donc avec pas mal de changements de voiles d’avant. On peut donc s’attendre à des derniers jours toniques mais aussi tactiques, parce qu’il va y a voir des empannages à bien placer.

     

    Boris Herrmann, un de tes concurrents dans ce sprint final, parlait ce matin de la semaine la plus incroyable du Vendée Globe, est-ce aussi ton avis ?
    Oui, ça peut, parce qu’on est effectivement proches les uns des autres. Il ne va pas falloir faire de bêtises, parce que tout le monde est un peu usé et que les bateaux sont fatigués. L’enjeu va être de mettre le curseur au bon endroit entre tirer fort sur le bateau parce que c’est la dernière chance de faire un bon résultat ou le ménager pour être sûr de terminer, c’est clair que ça va être une sacrée semaine !

     

    Tu parles de résultat, à ce stade de la course, lequel vises-tu ?
    Déjà finir dans le Top 5, après, je sais que le podium va être difficile, mais il est encore jouable. Devant moi, ils ne sont pas très loin, Thomas (Ruyant, LinkedOut) est à la quatrième place, pas loin devant moi, il est handicapé avec son foil, je suis plus rapide que lui ; Boris (Herrmann, Seaexplorer – Yacht Club de Monaco) va vite, il est en train de revenir sur Charlie Dalin (Apivia), et il y a Louis (Burton, Bureau Vallée) qui fait une belle cuillère à gauche, ça peut être intéressant pour lui s’il attrape le premier le vent de Sud-Ouest. Tout reste possible entre nous, ça va être super intéressant, le résultat va aussi dépendre de la capacité des bateaux au portant, je ne sais pas si tout le monde sera à 100% dans ces conditions.

     

    Tu le seras ?
    Comme je l’ai dit cette semaine, il me manque des voiles, je n’ai pas mon J2, je n’ai pas mon « FRO » (deux voiles d’avant), mais j’ai le reste : un spi, un grand et un petit gennaker, un J3, il y a moyen de faire des choses avec ça !

     

    Physiquement, il va falloir être au maximum pour ces derniers jours, penses-tu que vous allez peu dormir ?
    Il faut essayer au maximum de rester dans un rythme normal, parce que ne pas dormir sur plusieurs jours, c’est tendu. On va peut-être peu dormir, mais il le faut pour rester lucide jusqu’au bout, il reste quand même six-sept jours de course.

     

    Te rends-tu compte que tu approches de la fin ?
    Je t’avoue que sur la notion de temps, je suis un peu paumé. Même si je sais que c’est bientôt fini, j’ai du mal à m’en rendre compte, à le sentir. D’autant qu’il y a cette météo quand même assez costaude qui nous attend d’ici Les Sables d’Olonne, il y a pour moi encore une grande partie du Vendée Globe à faire. Le mot d’ordre, c’est donc plus la concentration pour arriver le plus vite possible.

     

    Fais-tu des calculs avec tes 10 heures et 15 minutes de bonification ?
    Non, c’est compliqué, parce qu’il faut regarder chacun, je ne veux pas me laisser déconcentrer par ça, on fera les comptes une fois que j’aurai passé la ligne !