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  • MaitreCoQ YannickBestaven Imagesembarquées 23Sept2020 19

    #VG20 – Jour 23 – Se remettre en mode course

    Après une nuit compliquée au dénouement heureux, Yannick reprend le cours de son Vendée Globe. L’esprit n’est pas encore remis des émotions passées. Accepter, reprendre confiance et rentrer à nouveau dans un tempo à sa mesure. Un deuxième départ avec encore devant l’étrave de Maître CoQ IV, 32 040 kilomètres (17 800 milles), quasiment 74 % du tour du monde.

    Comme chaque mardi, un temps d’échanges entre Yannick et son partenaire Maître CoQ s’est tenu. Les encouragements chantés par les services commercial et communication ont fait chaud au cœur du skipper Rochelais qui a même esquissé un sourire…

    Christophe Guyony, directeur général : « On ne le lâche jamais ; cette nuit, nous étions nombreux en veille derrière nos écrans et whatsapp. Ce matin, lors de notre visio hebdo, nombre de nos éleveurs et de nos salariés Maître CoQ étaient là aussi pour soutenir moralement Yannick. C’est important d’être présent dans les coups durs. Ce que Yannick, Boris, Jean et Seb ont fait spontanément et naturellement cette nuit pour retrouver Kevin, ça fait écho à nos valeurs. Cet esprit de solidarité des marins, on le retrouve chez nous avec des collaborateurs qui acceptent de changer de site pour prêter mains fortes à des collègues dont la charge de travail est forte au moment des fêtes de fin d’année ou encore avec nos éleveurs qui vont s’entraider au moment de l’enlèvement de nuit, des volailles en élevage. Un grand coup de chapeau à tous.
    Place à une nouvelle course désormais. Yannick va se requinquer, se remettre dans un rythme de compétition. Il va avoir des jours plus souriants. Je sais qu’il ne lâchera rien. »


    Questions & réponses avec Yannick ce mardi 1er décembre

    Le sauvetage de Kevin ?
    J’ai passé la nuit sur le pont à scruter les flashlights. La mer était désordonnée. On était balloté dans tous les sens. Je ne sais pas comment Kevin a pu vivre ça dans son radeau. Il a dû souffrir.

    Soulagé de le savoir entre de bonnes mains avec Jean. Mais quand il raconte la perte de son bateau qui s’est coupé en deux dans un grand surf et qu’il a vu l’avant à 90° alors qu’il était sur le pont, de l’eau partout à l’intérieur et qu’il a juste pris sa combi et son radeau… Franchement, ça fait froid dans le dos. Quand tu entends ça, wouahhah (silence)

    Je tiens à saluer l’équipe de la Direction de course. Ils étaient tous sereins. Tout le monde a gardé son sang-froid. Très rassurant.
    Quand la DC m’a joint pour savoir si je pouvais me dérouter, je n’ai pas eu une hésitation. Je suis remonté dans le Nord. C’est normal et Kevin aurait fait pareil pour nous. C’est l’esprit de la course au large, l’esprit marin.

    Cet épisode restera dans les belles histoires du Vendée Globe, d’autant qu’il y a ce clin d’œil de la vie : Jean a été secouru par Vincent Riou, skipper PRB  sur un précédent Vendée Globe. Et là, c’est Jean qui sauve un skipper PRB, Kevin…

    Où en es-tu actuellement ? Ton environnement ?
    J’ai l’impression d’être dans un 4×4. Le bateau se fracasse dans une mer chaotique, avec une houle de 5 mètres. Je suis sous toilé : 1 ris dans la grand-voile et J2. Tu passes de 20 à 12 nœuds. Je ne suis pas à l’aise car je ne sais pas comment bien toilé mon Maître CoQ afin de ne pas le faire souffrir.
    J’aimerai trouver le bon réglage pour être serein et bien caler.

    Ton bateau justement, comment va-t-il ?
    Ce matin, j’ai entendu un grand bruit, je ne sais pas d’où ça vient. Le temps que j’aille sur le pont pour voir, les safrans se sont relevés et suis parti à l’abattée… le bateau à l’horizontal.
    Tout ça m’a refroidi… Je dois reprendre confiance. Ça va le faire… Il me faut évacuer tout ça très vite et remettre du charbon !

    Ta course ?
    Elle va être un peu différente.
    Le front froid part par l’avant et on se fait rattraper par derrière. Louis est plus au sud dans un système météo différent. Ca va être compliqué de se recaler.
    25% seulement du chemin est fait. La route est longue. Il reste encore plein de monde derrière. C’est un deuxième départ !
    A venir mercredi une autre dépression. Comme je suis plus nord désormais, je pense que j’aurai moins d’air que prévu à l’origine.

    Avec Boris depuis Sainte-Hélène, on communique beaucoup sur tous nos réglages. C’est d’ailleurs grâce à ça qu’on a pu revenir sur Kevin. Sympa ce fonctionnement à deux.

    Le skipper ?
    Je n’ai pas réussi à manger à part des encas que je grignote depuis hier. Il va falloir penser à manger un plat chaud… Mais ce sera après le changement de voile que je vais opérer car le vent mollit un peu.